Concours

Recommander

Publicité

Mardi 17 octobre 2006

Trois baisers à cette inconnue

 

Seule dans la nuit, allongée

Elle écrivait l’amour passé,

Monstre maniaque, réarrangé

Qui assèche les cœurs pressés

 

Sa main esquissait le désir ;

L’encre bleue durcissait la vie

Déjà dans ses yeux gris le pire

S’installait, déjà, la Survie.

 

Un souffle, une main qui se cherchent

Le cœur vacille dans l’instinct

Comme le poète revêche,

La fille a senti le larcin

 

Dans l’ombre du rideau se meut

Une effrayante créature

Des yeux perdus cherchant l’aveu

L’amant transi et son cœur pur

 

Ils viennent hanter son récit

Interdite, recluse, elle n’a

Déjà plus le style précis :

Tes grands yeux brillent ma Léna.

 

Posant la plume comme un guerrier

Vaincu, genoux à terre, vaincu

Elle s’approche, va nu-pied

Vers le volatile cocu

 

Son bras fin et délicieux

Caresse l’étoffe brunie

Dessine ses contours, curieux

Sans connaître l’âme punie.

 

Tout cela est si vain, Léna

Jamais ton bras et le mien

S’effleureront ; ne pleure pas,

Je suis poète et tu n’es rien.

 

Rien qu’une image qui s’agite

Quand apparaît cette étincelle

Notre pacte restera tacite

Et ta naissance est mon appel.


©  Alain Cioran

Par Alain Cioran - Publié dans : autrement-dit
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus