Burlesques
Ils s’agitent en vain, mimant le désespoir
Poitrines oppressées, ritournelles burlesques,
Les membres emportés se cherchent dans le noir
Un refuge oublié, l’aigreur Gargantuesque
La main s’élève puis scande - assassin pouvoir !
Cette seconde passée, gigantesque fresque
Offre à nos cœurs guerriers un puissant exutoire :
Il me vient des passions illusoires romanesques.
Perdu dans ma mansarde, je contemple le vide
Epicure me pardonne, voit-on les longues rides
De ces jeunes amants, abusés, condamnés,
Qui prisent la littérature, doux narcotique
Sans pressentir le souffle marin extatique
Qui bâtit la treille et psalmodia la fée.
© Alain Cioran, tous droits réservés